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Tourisme de l'Afrique : Faut-il un étranger pour recruter des étrangers?

Si plusieurs pays africains dépendent du secteur touristique, pourquoi est-ce que les sites les plus utiles sont édités par des étrangers?

Le Sénégal est un exemple d'un pays qui dépend du tourisme pour créer des emplois et pour impulser l'économie. Mais est-ce que le gouvernement ou les opérateurs privés profitent de l'internet pour promouvoir leur pays?

Je viens de faire une recherche sur Google.com pour les mots "Sénégal Tourisme". Le site officiel du tourisme n'était pas visible sur la première page de résultats. Il n'était pas visible sur la deuxième page de résultats. Il a fallu visiter la troisième page de résultats, et défiler vers le bas, afin de trouver un petit site, Ministère du tourisme - Gouvernement du Sénégal. La conception de la page principale ne permet pas de mettre à jour le site. Avec trois petites photos, peu intéressantes, et trente liens, la conception accuse une démarche bureaucratique et peu inspirée. Je suis sûr que 90% des lecteurs ne restent pas sur le site plus que 30 secondes.

Si les occidentaux visitaient l'Afrique pour chercher les frissons d'une expérience de la bureaucratie du tiers monde, le site serait parfait. Pourtant, les Américains et les Européens visitent l'Afrique pour découvrir l'énergie et la vivacité de l'Afrique. Bizarrement, le site a pu supprimer tout ce qui est beau. À sa place, le site a substitué des tracasseries, ce que les touristes voulaient laisser derrière eux. En vérité, ce n'est pas du tout surprenant qu'une bureaucratie ne fonctionne pas et que des officiels abandonnent l'internet et favorisent des conférences auxquelles aucun touriste n'assiste.

Les sites du secteur privé, avec des lumières clignotantes, sont légèrement plus ambitieux. Mais là aussi, on peine à éprouver véritablement la beauté ou la chaleur de l'Afrique.

Je me rappelle de l'année 2003, lorsque j'avais 22 ans, quand j'ai rencontré le ministre du tourisme sénégalais. Je l'ai demandé s'il y avait un moyen pour nous de travailler ensemble afin de promouvoir le tourisme du Sénégal. Probablement, je n'étais pas encore prêt. Je ne parlais pas très bien français et mes compétences n'étaient pas encore très développées. Donc, ce n'est pas surprenant que ma proposition ne l'intéressait pas. Ce qui était surprenant, par contre, c'est qu'il refusait de me regarder pendant plusieurs minutes, s'occupant derrière son gros bureau. Enfin, il a dit, "Si nous voulons créer un site, nous allons engager des Sénégalais."

C'est facile de comprendre la fierté nationale, mais dans ce cas, c'est une fierté chèrement payée. Si les Sénégalais engagés par le ministre ont pu pénétré la mentalité du touriste occidental, ils ont pu camoufler cette perspicacité dans le résultat. (Quelques années après, j'ai lu des articles à propos de l'amitié entre ce ministre, Ousmane Masseck Ndiaye, et l'Iran, et je me demande s'il ne déteste pas tous les Américains.) J'ai pu trouvé cette statistique: "En 2006-2007, on a observé une baisse de l'ordre de 15 à 20% des arrivées pendant la basse saison." Le ministre a perdu son poste.

Ce que je sais, c'est que ces sites ne sont pas une exception. Lorsque je fais des recherches sur internet pour trouver des belles photos de l'Afrique, 85% du temps au moins, ce sont des photos prises par des étrangers. Il semble que les Africains tiennent pour acquis la beauté de leurs pays, ou au moins, ce que les étrangers trouvent beau. Donc, on ne peut que conclure que si on veut recruter des touristes étrangers, il faut engager des étrangers qui les comprennent.

Rubaduka

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