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L'Afrique
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centrale, photos, tourisme
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Lorna Nicole Kayitesi La France traverse son époque la plus honteuse depuis que Philip IV a brûlé les Templiers en 1314. Dans le vivant d'une personne, elle a chapeauté des génocides à répétition. Cela a commencé avec la Seconde Guerre mondiale, lorsque la France a avidement jeté les mains dans l'air devant une armée plus petite, moins bien équipée, et sans expérience. Couronnant une tradition antisémite distinguée, elle a vite confié ses juifs aux nazis. Aujourd'hui, au lieu de faire preuve de remords, on ne peut guère dire qu'elle s'échine à soutenir la seule démocratie au Moyen Orient. Mais il semble que les juifs ne constituent pas un exutoire suffisant pour satisfaire l'envie génocidaire de la France. Ayant pris le chemin du récidiviste, elle a choisi l'Afrique centrale comme lieu pour machiner encore des génocides. Si elle a cru y trouver l'endroit idéal pour commettre ses atrocités, sans que le monde s'en soucie ou enquête, elle a eu raison. Il faut se rappeler que les génocides n'ont pas commencé en 1994. En fait, tous les présidents rwandais d'avant 1994 ont été des génocidaires. Le premier grand génocide a eu lieu en 1959, précipitant la fuite de milliers de rwandais considérés comme Tutsis. Presque tous les ans, les gouvernements génocidaires ont commis des massacres contre leurs propres citoyens, suivant la logique insensée et raciste des colons divisant l'ethnie kinyarwanda, la seule qui existe au pays des innombrables collines. La violence de ces gouvernements génocidaires, elle était ouverte et fière. Leur radio génocidaire ne représentait qu'une des nombreuses preuves. Mais cela n'a pas empêché la France de faire tout pour promouvoir les carrières des ces criminels ensanglantés, et pour leur donner autant de pouvoir que possible. Transferts énormes d'argent et d'armement, couverture diplomatique, entraînement des milices génocidaires, remise de Rwandais considérés comme Tutsis aux tueurs, viols de femmes rwandaises, et participation directe aux tueries la France n'a montré aucune modération dans ses crimes. La plupart de cela était trop public pour que la France le nie aujourd'hui. Donc, elle essaie de dénaturer son partenariat avec les génocidaires en le qualifiant d'« opération humanitaire » ou d'« aide aux pays pauvres ». Après tout, le président génocidaire Habyarimana était président d'un pays pauvre, qu'il fût génocidaire ou non. La question se pose, pourquoi est-ce que la France commettrait un génocide dans un pays pauvre ? Elle y aurait quel intérêt ? Pour un Européen fier de son continent, il faut que cette histoire soit fausse. Même si les faits sont clairs, il est beaucoup plus facile de croire que la France n'a voulu faire que du bien, et que tout le blâme retombe sur tel ou tel homme fort de peau brune. Mais voilà le casse-tête. Le président génocidaire Habyarimana constituait justement le partenaire du gouvernement français en préparant le terrain pour les massacres. Difficile alors de lui faire passer comme bouc émissaire. Il fallait alors que l'ennemi des génocides, Paul Kagame, joue le rôle. Peu importe qu'il s'agit de l'héros qui a mis fin au génocide. Mais comment mettre un génocide sur le dos de quelqu'un qui a toujours lutté contre la haine raciale et qui a chassé les véritables génocidaires du pouvoir ? Voilà une tâche demandant une maîtrise de jiu-jitsu dialectique. Ainsi, un juge français a été chargé de trouver des rwandais voulant coopérer et vivre en France en échange de signer une certaine version des faits. Cette version des événements consiste à suggérer que Paul Kagame a donné l'ordre de tirer sur l'avion du président génocidaire Habyarimana, piloté par un équipage français. Donc, même si les milices génocidaires étaient déjà armées et entraînées grâce à « l'aide » française et prêtes à recommencer les massacres à grande échelle, c'est l'héros des victimes et l'ennemi juré des malfaiteurs qui est le vrai responsable du génocide. La même logique veut que les courageux qui ont assassiné Reinhard Heydrich à Prague sont responsables des « représailles » nazies, et non pas les nazis eux-mêmes. Mais dans ce cas aussi, les victimes allait mourir, qu'ils portent un coup sévère aux génocidaires ou non. Pour un Français qui se rend dès le début du conflit, c'est peut-être difficile de comprendre l'héros. Il faut souligner, pourtant, que les faits suggèrent que ce n'était même pas le FPR qui a tué le chef génocidaire, mais des autres factions génocidaires. L'essentiel, pour la France, c'est de se demander pourquoi des Français jouaient les chauffeurs de taxi pour l'un des plus grands criminels du siècle. Malheureusement, les journalistes occidentaux semblent se trouver dans une chambre résonnante, où chacun prend le relais de la désinformation de l'autre. Donc, la mort de Habyarimana, c'est partout dépeinte comme « l'élément déclencheur » du génocide. Pour être cohérent, c'était alors la résistance polonaise qui était « l'élément déclencheur » des exactions nazies en Pologne, et non pas l'accession au pouvoir de génocidaires, une longue préparation, la complicité d'autres états, et toute la carrière des auteurs de ces crimes innommables. Qu'est-ce que les journalistes apprennent dans leurs écoles de journalisme ? Ne faut-il pas commencer avec des études de l'histoire, pour pouvoir bénéficier d'un minimum de sagesse et de perspective ? On dirait qu'ils n'ont jamais vu le génocide, qu'il leur faut tout redécouvrir.
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