|
|
|
|
Rubaduka Rwandinga RDCongo.com
En dessous de la rubrique des fautes, on trouve par exemple l'affirmation que les Banyarwanda habitant en RD Congo ne sont pas de vrais Congolais. Sans s'ennuyer avec des preuves ou des indices, le journal Le Monde affirme simplement que les Banyarwanda sont des immigrés du Rwanda, et ne sont pas originaires du territoire congolais (Le Monde, "Au nord de Goma, les rebelles congolais empêchent les civils de fuir", 02.11.08). Alors que dans tous les autres pays d'Afrique, les frontières arbitraires des colons divisent les ethnies, pour Le Monde, ce n'est pas une possibilité pour les Banyarwanda, ce peuple parlant le kinyarwanda qui se trouve autour du lac Kivu. Le journal dit qu'ils sont des étrangers - ce qui voudrait faire croire le gouvernement congolais. Le Monde a mis sa réputation, telle qu'elle est, derrière cette propagande. Tant que Le Monde donne son aval aux formulations du gouvernement congolais, pourquoi pas nous rappeler le parcours académique de cet homme de lettres qu'est Joseph Kabila? Son site proclame qu'il a obtenu son diplôme de la prestigieuse Washington International University... sauf qu'une université avec un tel nom n'existe pas. Il n'y a qu'une imprimerie de diplômes avec ce nom. Mais peut-être que c'est "l'université" convenable pour le chef d'une armée qui vient de violer, piller, et massacrer son propre peuple à Goma, la capitale du Nord-Kivu. Après tout, la sagesse qu'il a obtenu à W.I.U. lui a permis de duper les spécialistes au Monde quant aux Banyarwanda, qui ont cultivé leurs terres depuis l'antiquité, lorsque le Royaume du Rwanda couvrait toute la région. Au moins, rien ne suggère le contraire dans cette contrée où tout le monde était analphabète, et donc sans comptes rendus, jusqu'à l'arrivée des colons. Affirmer que ces Congolais ne sont pas de vrais Congolais, c'est comme si on visitait Kosovo et annonçait, "Ces terres ont toujours été serbe, et les premiers Croates sont arrivé ici il y a quelques années," sans offrir des preuves. Les journalistes hésiteraient à se révéler aussi simplistes lorsqu'il s'agit de l'Europe, mais quand il s'agit de l'Afrique... enfin, qui saura la différence? Puis, sur France24 on entend le journaliste dit, "Les rebelles au Nord-Kivu parlent kinyarwanda, c'est difficile de ne pas voir la main du Rwanda derrière cette rébellion." Apparemment, il serait trop exigent d'espérer que les journalistes français abstiennent d'amalgamer l'ethnie et la politique. L'histoire d'avertissement de la radio gouvernementale rwandaise qui a encadré le génocide de 1994 n'a pas touché la mentalité de certains médias français. La vérité, c'est que l'ONU a fait plusieurs études en profondeur pour établir les fait. Chaque fois, on a trouvé qu'il n'existe aucune preuve pour soutenir l'hypothèse d'une implication rwandaise dans la rébellion de Laurent Nkunda. Ça ne veut pas dire pour autant que Nkuda n'a aucune raison pour avancer la nécessité de défendre les Banyarwanda en RD Congo, que c'est bien ça qui l'intéresse ou non. En fin de compte, si les soldats congolais et leurs amis les Interahamwe (les génocidaires rwandais accueillis en RD Congo) peuvent dévaliser, violer et tuer tout le monde et n'importe qui, vont-ils abstenir de torturer les soi-disant "Tutsi", très méprisés? En évoquant les "Tutsi", voilà s'annonce la rubrique des omissions des médias drive-by. Cent ans après la colonisation du Rwanda, les Européens n'ont toujours pas remarqué qu'il n'existe qu'une seule ethnie rwandaise, c'est-à-dire le Banyarwanda. Si l'idée de l'ethnie se base sur la langue, la culture, la géographie, la religion, ou quelque chose, pourquoi dit-on qu'il y a deux ethnies au Rwanda, les fameux "Hutu" et "Tutsi". Est-ce que les journalistes drive-by peuvent s'offrir trois secondes pour se poser la question? L'impulsion de copier sur son voisin, c'est vraiment tellement forte qu'un reporter ne peut pas faire ses propres recherches? Les mythes inventés par les premiers colons doivent résonner éternellement dans la chambre résonnante de ces médias? Les médias drive-by insistent toujours de dire que le gouvernement rwandais consiste de tutsi. En vérité, le gouvernement rwandais prône la reconnaissance par tous du Banyarwanda comme seule ethnie au Rwanda. Il s'efforce de ne pas utiliser des mots peu clair comme "Tutsi" et "Hutu". Qu'est-ce que ces mots veulent dire, si tous les rwandais partagent la même langue, la même culture, et les mêmes opportunités dans le monde moderne? Le gouvernement rwandais a libéré des dizaines de milliers de génocidaires repentis, et a tenu à accueillir des centaines de rebelles rwandais revenus de leur maquis en RD Congo. Ces derniers avaient décidé d'abandonner la lutte armée en faveur de travailler avec leurs anciens ennemis pour le développement du pays. Malheureusement, la plupart des articles récents n'évoquent pas ces faits. Au contraire, ils dépeignent le gouvernement qui a mis fin au génocide de 1994 comme tribaliste. Si la RD Congo et le Rwanda sont tous les deux des pays relativement pauvres en argent, pourquoi est-ce que les journalistes drive-by ne posent jamais la question de savoir pourquoi l'armée de la RD Congo traite la population congolaise comme des animaux, alors que l'armée rwandaise constitue sans doute la force la plus disciplinée au continent? Pourquoi est-ce que le Rwanda ne tolère le moindre méfait parmi ses hommes en uniforme, alors que chez son voisin géant, la garde républicaine congolaise doit massacrer des soldats pour donner un peu d'ordre aux régiments, comme elle a fait la semaine dernière? C'est un accident, ou c'est le résultat des qualités de leader des dirigeants de ces pays? La discipline absolue qui règne au Rwanda en dépit des petits salaires, c'est simplement l'hasard, ou bien c'est la culture de fierté d'une nation-ethnie homogène? Mais les médias drive-by ne poseront probablement jamais ces questions. Est-ce entièrement la paresse, ou l'apathie? Ou existe-t-il une volonté de choisir le texte officiel des journaux au détriment de la vérité? Étant donné l'égoïsme de ces journalistes, préfèrent-ils vraiment une nation africaine fière, extrêmement efficace, qui se défend bien et qui sait établir l'ordre et le développement? Ou bien une nation où rien ne fonctionne, et que le journaliste peut se donner le rôle de sauveur?
|
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||